Née en août 1996 dans le sud de la France, Romy Indy a grandi dans une petite ville provençale où elle a très tôt développé une curiosité pour l’expression corporelle et la mise en scène. Issue d’une famille modeste, elle se souvient avoir passé des heures à regarder des films européens avec sa mère, fascinée par la liberté de ton des productions indépendantes. À seize ans, elle participe à un atelier de théâtre amateur qui lui révèle son goût pour la performance devant une caméra. Ce n’est pourtant pas le cinéma traditionnel qu’elle choisit : après avoir découvert des plateformes de contenu pour adultes, elle décide d’explorer ce milieu qu’elle juge plus direct et honnête. En 2015, à dix-neuf ans, elle répond à une annonce de casting à Marseille et tourne sa première scène pour un studio français. Cette expérience la marque profondément : elle y apprend les bases du travail d’équipe et l’importance du consentement, deux valeurs qu’elle défendra tout au long de sa carrière.
Après ses premiers pas en France, Romy Indy s’envole pour Barcelone, où elle collabore avec des réalisateurs espagnols renommés. C’est là qu’elle affine son jeu devant la lumière et découvre l’importance de la narration dans les scènes adultes. En 2017, un producteur américain la repère lors d’un salon professionnel à Cannes et lui propose de tourner aux États-Unis. Elle accepte, mais garde une certaine méfiance envers l’industrie hollywoodienne du porno, qu’elle trouve trop standardisée. Cette période lui permet toutefois de travailler avec des actrices et acteurs internationaux, d’améliorer son anglais et de comprendre les différences culturelles dans la réalisation. Elle raconte souvent que son séjour à Los Angeles a été un déclic : elle y a pris conscience de sa propre capacité à diriger des projets, ce qui la poussera plus tard à passer derrière la caméra. De retour en Europe, elle s’installe à Berlin, une ville qu’elle décrit comme un laboratoire créatif où les limites entre art et industrie s’effacent.
Romy Indy ne se considère pas seulement comme une interprète. Depuis 2020, elle intervient régulièrement dans des conférences sur les droits des travailleurs et travailleuses du sexe, militante discrète mais tenace. Elle a cofondé une association informelle qui aide les jeunes entrants à comprendre les contrats et les risques médicaux. Dans ses rares interviews, elle insiste sur l’importance de l’éducation sexuelle et de la déstigmatisation de son métier. Parallèlement, elle tourne des courts‑métrages expérimentaux qui mêlent érotisme et questionnements sociétaux, présentés dans des festivals underground à Amsterdam et Lisbonne. Cette polyvalence lui vaut le respect de ses pairs, mais aussi des critiques de la part de certains puristes de l’industrie. Qu’importe : Romy Indy avance avec la conviction que son parcours, de la petite ville provençale aux plateaux berlinois, n’a de sens que s’il reste lié à une quête d’authenticité et de liberté d’expression.
En 2023, elle lance une série de vidéos en ligne où elle commente ses propres scènes, expliquant les choix de mise en scène et les techniques de sécurité. Ce format, inédit dans le milieu, rencontre un succès inattendu auprès d’un public curieux de comprendre les coulisses. Elle prépare également un livre photographique autobiographique dont la sortie est annoncée pour 2025, mêlant clichés de tournage et textes manuscrits. Aujourd’hui installée à Bruxelles, elle continue de tourner de manière sélective, privilégiant les collaborations qui respectent son rythme et ses valeurs. Son expérience personnelle – celle d’une femme qui a construit sa carrière en refusant les compromis – reste le fil rouge de toutes ses entreprises. Elle affirme souvent que le plus beau compliment qu’on puisse lui faire est de dire qu’elle « raconte des histoires » plutôt que de simplement « tourner des scènes ». Un credo qui résume bien le chemin parcouru depuis ses premiers essais à Marseille.